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Saint-Louis-Reportage: Jour de vote à l’école Ndiolofène de Sor

Journée décisive pour les citoyens sénégalais qui choisissent leur président : si d'aucuns voudraient continuer à cheminer avec Maître Abdoulaye Wade, d'autres voudraient mettre fin à cette aventure qui date depuis 2000. Seul le verdict des urnes nous édifiera.

Dimanche 25 Mars 2012 - 16:01

Saint-Louis-Reportage: Jour de vote à l’école Ndiolofène de Sor
Dimanche 25 Mars 2012, les pratiques dominicales ont exceptionnellement changé en l’espace d’une journée. Les rues sont aminées. Dés huit heures du matin, le centre de vote que constitue l’école Macodou NDiaye est pris d’assaut par les électeurs.
A l’entrée de ladite école, de longues files d’attente se signalent à notre attention. Pas moins d’une centaine de personnes se trouvent dans les queues respectives devant les six bureaux. Les discussions allaient bon train à cette grande occasion de retrouvailles d’anciennes connaissances venues de partout. Des électeurs attendant tranquillement leur tour dans la cour de l’école , tasse de café de touba à la main, appareil photo numérique, chapelet, téléphone portable ou portefeuille de l’autre parlaient de politique ou de sport.

Au bout d’une dizaine de minutes, un vieil homme de soixante seize ans, selon ses propos, regrette l’imposition de faire la queue devant le bureau numéro un au moment où, une rangée spéciale était réservée à cette même classe d’âge devant les autres bureaux. Toujours dans cet élan, il nous rappelle cette époque où, jouant au football, il amortissait la balle avant de centrer avec une puissance de frappe telle que ses coéquipiers lui demandaient de ne pas trop appuyer son tir. Il dira aussi, pour conclure, que tout se perd dans la vie.

Pour atténuer la pénibilité de cette attente qui durait plus d’une heure, quelques électrices, de vieilles femmes pour la plupart, s’asseyaient sur le perron. Par instants, des agents de la police nationale faisaient le tour pour disperser tout attroupement suspect.

Après un tour le même vieux Mar Wade, puisqu’il venait de décliner son identité, était revenu pour reprendre sa place vêtu d’un caftan de couleur marron avec des broderies, bonnet vert sur la tête, portant des lunettes noires, et récitait des versets coraniques et livraient quelques secrets.

De l’autre côté de l’école, les deux camps politiques faisaient leur show. Des va-et-vient incessants des plus hauts responsables locaux étaient visibles : la Ministre d’État Awa Ndiaye vêtue d’un grand boubou blanc avec une écharpe gris et beige d’un côté, Mansour Faye de l’autre du haut de ses chaussures de ville marron en costard cravate marron aussi, avec à l’intérieur une chemise blanche. Un incident mineur, mais lourd de conséquences, s’ensuivit entre partisans de Macky et de Wade. Par la suite les policiers demandaient à ceux qui avaient déjà voté de quitter les lieux. K. F. un habitant de Ndioloféne à l’origine de la dispute brandissait fièrement un papier pour montrer qu’il était suppléant au moment où l’un des agents lui rétorquait qu’il sortirait du centre une fois son devoir civique effectué.

A dix heures, juste avant de franchir le seuil du bureau, un fait assez insolite se produisit, une campagne de sensibilisation était menée pour lutter contre les bulletins nuls. Abdou Diallo, un enseignant fait partie de la coalition Macky 2012, venait d’initier cette action citoyenne avec une enveloppe blanche aux rebords de couleurs bleu, blanc et rouge ; il montrait clairement aux électeurs la manière dont il faudrait la refermer sans la coller pour valider son vote.

A treize heures, de retour au centre, nous nous rendîmes compte du calme plat qui y était de mise. Les entrées étaient presque filtrées, moins d’une dizaine d’électeurs devant les bureaux. Seuls les observateurs de l’église, de la société civile, de l’union européenne, des journalistes et quelques rares personnes étaient autorisés à rester dans l’enceinte de l’école. Tous les autres curieux ou membres des partis politiques s’étaient regroupés, suivant leur sensibilité, dans les rues alentours. Une nouvelle forme d’achat de conscience était à la mode, celui consistait à se mettre à une centaine de mètres du lieu de vote pour interpeler les électeurs afin qu’ils votent pour son candidat. De rutilantes voitures 4X4 et autres étaient mises à la disposition des électeurs pour les emmener au centre ou les ramener, le cas échéant, chez eux.

M. DIALLO IBNOU
Doctorant ès Lettres Modernes, Option Grammaire Moderne
Professeur de Lettres Modernes ( ibndiallo@gmail.com)
Blogueur : ibnoze.seneweb.com









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